L’électro revisitée pop culture au Stade de France

crédit photo: Joëlle Edery/ itinerancies © juillet 2008. Tous droits réservés.
“Unighted” by Cathy Guetta- Stade de France, O5 juillet 2008.
Line-up: Martin Solveig, David Guetta, Carl Cox, Joachim Garraud, Dj Tiësto.
Chronique
45000 clubbers, venus des quatre coins du pays et d’Europe, étaient rassemblés samedi soir pour faire la fête ensemble pour la première fois dans l’Histoire, au Stade de France. “Le plus gros dancefloor du monde” le temps d’une soirée, paraît-il. L’organisatrice de l’événement, Cathy Guetta, est une habituée des soirées glamour : elle organise les célèbres soirées « F**k Me I’m Famous » avec son Dj de mari David Guetta, depuis 12 ans, dans les capitales mondiales, l’hiver, et de juin à septembre, à Ibiza. Pour beaucoup, la motivation principale, hormis le fait d’assister à un set de Carl Cox, de Tiestö ou de Guetta, pourtant assez rare sur Paris, était d’avoir le privilège de faire la fête dans un lieu tout à fait insolite et devenu mythique depuis les championnats du monde de football de 1998… même si force est de constaster que cette manifestation a rassemblé un gros public d’afficionados qui suit au moins une partie des 5 DJ depuis des années, et qui ne raterait pour rien au monde, ce qui, pour leur star, pouvait représenter “l’événenement de l’année”.
Pour inaugurer ce show hors du commun, Cathy Guetta donne le ton et fait son arrivée en hélicoptère au Stade de France, avant de donner le coup d’envoi. Martin Solveig a ensuite ouvert les festivités peu avant 22 heures, avec un set orienté plutôt pop et dance, qu’éléctro. Il nous aura playlisté bien entendu les extraits de son nouvel album « C’est la vie » avec ses opus phares tels que “Beauty False” ou “Give it to me”. Lors de cette nuit, pas moins de 100 performers live et danseurs auront accompagné les Dj tout au long de l’événement. On aura même pu apprécier d’impressionnants jeux pyrotechniques juste sous la scène de Djing qui fut placée au centre du stade, à plus de 6 mètres de hauteur, alors qu’un cœur géant flottait au-dessus du stade et faisait office de support aux vidéos programmées durant les sets. Puis aux alentours de 23h30, David Guetta prend le relais aux platines et clame au public du Stade de France son bonheur d’être dans ce lieu exceptionnel, qui plus est, chez lui, en France. Il dit au public combien cet événement représente “une sorte d’accomplissement dans sa vie”. Délire général. Il poursuit avec un set plus house que Solveig, mais toujours avec du son commercial. Carl Cox, qui prendra le relais vers 1 heure du matin, sera pour ainsi dire la seule exception de ce line-up assez orienté radio charts, et sera d’ailleurs, pour la plupart, le seul incompris de la soirée. Lors de cette prestation au Stade de France, il est resté fidèle à son style habituel qui se veut techno et dynamique, mais il aura essentiellement mixé moins créatif qu’à son accoûtumée, pour cet événement qui veut plaire au plus grand nombre. Joachim Garraud, fait ensuite une entrée triomphale, avant de s’exhiber pour un show très visuel aux platines: il commence par jouer en live de son fétiche synthétiseur, avant d’impliquer un public qui répondra unanimement présent à l’appel, haut et fort. Il poursuivra ensuite son live show caché derrière un masque d’alien, en référence à la sortie de son dernier album “Invasion” pour lequel il est actuellement en tournée dans toute la France. Vers 04 h.15 du matin, DJ Tiësto, manifestement en forme, prend la relève. Il mixera un son techno propre et énergique, très apprécié par la grande majorité du public. La preuve en a été: le public est resté en masse jusqu’à la fin de la manifestation. “Unighted” a pris fin aux alentours de 06 h.00 du matin, avec un seul regret pour de nombreux clubbers: Cathy Guetta n’aura pas prononcé de discours de clotûre.

Au-delà des goûts musicaux et des prestations plus ou moins réussies de chacun, il est incontestable que cette soirée fut la soirée parisienne et peut-être même française à ne rater sous aucun prétexte. Et selon les dires de certains participants, rater cette soirée aurait été “comme ne jamais être allés en boîte de sa vie. A tous les niveaux”. L’ambiance, très positive, conviviale et sans accroche, aura, en effet, été des plus satisfaisantes pour tous. Toute l’organisation fut à la hauteur de l’événenement, c’est-à-dire majestueuse: le design des lumières, les performances, la coordination globale, la présence efficace des équipes de surveillance et de sécurité. Le prix un peu élevé de la tribune VIP n’aura pas découragé le public, même si les personnes concernées auront regretté de ne pas se voir offrir certains privilèges, pour 120 €, comme une boisson ou une coupe de champagne, comprise dans le prix du ticket. En conclusion, on retiendra de cette soirée qu’elle fut magique, puisque c’est une grande première de pouvoir faire la fête à 45000 dans le Stade de France. Une folie, qui aura valu, somme toute, son pesant d’or et mérité le détour… et dont on attend impatiemment la deuxième édition, d’ores et déjà prévue pour juillet 2009.
copyright juillet 2008 © Joëlle Edery, itinerancies
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- Published:
- 7.8.08 / 12
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